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Lettre aux les occupantex de Géopolis à l'UNIL

Occupantex de Géopolis, nous accueillons votre manifestation avec grand plaisir. Elle se profile comme un pas important dans les mouvements de solidarité avec la Palestine et étudiantexs en Suisse. Nous sommes totalement d’accord avec la nécessité de la lutte, et nous saluons votre programme et ses demandes, qui adressent l’UNIL directement, mais aussi la situation plus large en Suisse, et qui y inclut le droit essentiel au retour, sans lequel la libération palestinienne serait tout simplement impossible.


La Suisse et les États-Unis sont les symboles du cœur de l’Empire, le ventre de la bête. Les masses du monde entier sont exploitées pour le profit par une poignée de capitalistes, ici. Tout le monde connaît les ravages de Nestlé et de Mosanto, mais désormais, l’état Suisse a dévoilé son empressement à rester un spectateur, voire un laquais du génocide, du massacre et du déplacement de l'ensemble de la population de la bande de Gaza ! Pourquoi? Pour maintenir une bonne relation avec Israël et son allié américain. C’est à cause de notre classe dirigeante ! La même qui cause l’inflation et qui fait des universités une pagaille bureaucratique ! Nous ne pouvons pas combattre pour Gaza sans combattre nos dirigeants !


La campagne idéologique et politique contre la solidarité avec le peuple palestinien est un fardeau sur notre mouvement. Vous êtes en train de le vivre maintenant durant l’occupation ; le monde de l’académie est resté terriblement silencieux au sujet de cette censure. Pendant que l’Institut d’études du Proche-Orient à Berne a été dissous, l’EPFL a suspendu son association féministe, Polyquity, pour avoir seulement mentionné la Palestine. Seul un mouvement militant et bien organisé peut combattre effectivement la censure et la répression. L’occupation nécessite une stratégie claire pour remplir ses objectifs et construire un tel mouvement.


C’est désormais devenu clair pour tousxtes, indéniablement, que la “neutralité suisse” n’est qu’un mythe et un mensonge propagé pour feindre l’humanisme, alors que nos dirigeants profitent de tout assaut impérialiste et tout massacre. La Suisse est neutre entre l’Allemagne et la France, entre la Grande-Bretagne et les États-Unis—entre les nations impérialistes—et jamais entre l’oppresseur et l’opprimé ! Elles pillent le Sud Global et ne leur laissent que des miettes, tout en continuant l’oppression inhumaine des personnes racisées de notre société, et en particulier les réfugiéexs et les demandeureusexs d’asile. Humanisme ? Nous disons : la tradition suisse a toujours été d'être la négociatrice en coulisse des impérialistes hégémoniques ! Qu'aucune scène de théâtre des médias bourgeois ne vous trompe plus jamais—chaque “conférence de paix”, chaque mission humanitaire et diplomatique doit maintenant être considérée comme démystifiée, montrant son véritable objectif : cimenter le rôle impérialiste de la Suisse dans le monde !


Par contre, nous devons nous demander quelles sont les prochaines étapes à remplir pour que votre action soit remplie de succès. Nous ne voudrions pas seulement faire ici des suggestions, mais aussi tendre la main pour offrir notre aide de la façon la plus large, et selon nos ressources. Premièrement, il serait évidemment essentiel de lier votre combat au mouvement de solidarité à la Palestine dans les autres universités suisses. Nous ne pouvons pas laisser ceci être une simple action symbolique qui pourrait peut-être en inspirer d’autres. Nous devons nous mettre un coup de fouet et mettre la méthode de l’occupation d’université à l’agenda partout. Ne pas juste exercer de la pression sur la direction universitaire, mais sur le système en entier !


Bien que les syndicats ne soient pas trop enthousiaste à agir en faveur de la Palestine, nous devons reconnaître que la classe ouvrière organisée a un potentiel énorme pour forcer le gouvernement suisse à financer l’UNRWA à nouveau, et briser les liens des institutions gouvernementales suisses (commes ses universités) et de ses entreprises (comme RUAG) avec le régime génocidaire d'Israël. Il y a aussi un effort concerté des membres des différents syndicats (même traditionnels) pour mettre de la pression sur la direction syndicale, et particulièrement sur ses positions sur Gaza (syndicalistes pour le cessez-le-feu). Se lier à cette opposition est essentiel pour mettre la pression sur la direction syndicale et pousser pour des actions plus militantes, non seulement dans les universités, mais aussi sur le lieu de travail.


Finalement, le mouvement de solidarité avec la Palestine en son entièreté a la responsabilité d’être solidaire avec l’occupation de l’UNIL et d’exprimer cette solidarité explicitement à travers des manifestations et des rassemblements. Nous devons aussi mentionner qu’occuper le couloir d’une université n’est pas particulièrement perturbateur. Nous comprenons que cela est dû en grande partie à la faiblesse du mouvement de solidarité avec la Palestine—que les nombres ne sont simplement pas là (comme nous avons vu dans d’autres villes suisses, il y a une tendance au ralentissement dans le mouvement, qui ne mobilise plus autant qu’auparavant). C’est pourquoi c’est d’autant plus important de solidifier et renforcer le mouvement, en tissant des liens avec d’autres combats et d’autres endroits. La Fédération Suisse - Palestine doit agir en coordinatrice de la solidarité avec l’occupation de l’UNIL et propager cette méthode d’action ! 

 

Nous faisons les propositions suivantes pour l’occupation, en complément des demandes déjà établies:


  • Nous avons besoin d'un corps étudiant indépendant qui fonctionne de manière démocratique et ne dépend pas des fonds de l'université ou de l'État. Afin de confronter l’idéologie impérialiste et la guerre, mais aussi l’oppression sociale dans notre université et notre pays, nous avons besoin d’un corps militant et permanent qui représente les intérêts des étudiants !

  • Le mouvement de solidarité à la Palestine doit exprimer sa solidarité avec l’occupation de l’UNIL le plus largement possible ! Ça ne veut pas dire des messages de soutien et des posts sur les réseaux sociaux, mais une solidarité pratique, et une imitation de la méthode militante de l’occupation de l’université !

  • Des liens doivent être construits avec le mouvement plus large des travailleureusexs afin de garantir la victoire de l’occupation et du mouvement de solidarité à la Palestine en son entièreté ! Mais surtout, les syndicats doivent honorer leurs principes internationalistes et doivent s’engager dans la lutte contre l’impérialisme suisse en soutenant l’occupation de l’UNIL politiquement et matériellement. Les initiatives pro-Palestine des syndicats doivent se rallier à l’occupation de l’UNIL !

  • L’occupation à Lausanne doit forger des liens internationaux, par exemple aux occupations aux États-Unis et en France, et doit discuter d’un programme commun pour se battre pour la libération de la Palestine dans le noyau de l’Empire.


Salutations révolutionnaires,

Groupe Que Faire? wastun@marxismus.ch // marxismus.ch // insta: @marxismus.ch

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